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Courbevoie le 26 septembre 2005

 

 

Si la direction vous invite à dire ce que vous pensez,
la CGT vous invite à agir
 pour concrétiser vos revendications.

 

 

Le mois de septembre chez Canon est marqué par une effervescence liée à l’organisation de " Canon Expo Paris" qui aura lieu début octobre au CNIT de La Défense. Parmi les nombreux invités, le PDG de Canon INC sera présent.

Tout est mis en œuvre par la direction générale Canon pour donner la meilleure image de l’entreprise, que ce soit au niveau de la mise en conformité avec les orientations du groupe mais aussi au niveau des objectifs commerciaux.

C’est dans ce contexte que se sont précipitées un certain nombre d’initiatives : tour de France de la direction générale Canon début septembre, réunions d’informations de toute nature, présentation de la nouvelle philosophie San Ji, enquête relative à l’implication du personnel, entretiens informels d’appréciation à mi-parcours, programmation des stages d’accréditation pour les techniciens, etc.

Dernière minute : le personnel vient d’être informé de la fusion de CCI avec Canon France et pour remplacer M. Grégoire, d’une présidence collégiale entre M. Stalins pour la partie Indirect, CBC et Fac-similé et M. De La Rue du Can pour la partie CCI et back Office.

Compte tenu des enjeux, la direction générale, tout en maintenant une certaine fermeté et des pressions, ne prend pas le risque de générer des zones de tensions dans l’entreprise susceptibles d’aboutir à un conflit social et préfère reporter l’application de certains projets sensibles, après " Canon Expo ".

Il est clair que les orientations du groupe visent toujours une augmentation des profits accompagnée d’une diminution des charges. La réduction des effectifs est donc toujours d’actualité, avec pour conséquences une augmentation de la charge de travail et une détérioration des conditions de travail.

Pour abuser les salariés, la démagogie est toujours d’actualité.

 

La direction ne lésine pas sur les moyens pour donner l’impression que le salarié est un acteur important et qu’à ce titre l’entreprise est attentive à ses préoccupations…

Après avoir tous été vaccinés " San Ji ", une enquête vous sollicite pour savoir ce que vous pensez…

Le véritable objectif de cette enquête effectuée par Canon Europa ne vise pas à répondre à des préoccupations du personnel mais à améliorer la performance des actions engagées par la société. Pour preuve, depuis la mise en place de ces enquêtes, les objectifs sont toujours les mêmes et les conséquences aussi.

L’ensemble des 40 questions posées au personnel vise à contrôler et mesurer :

  • Le niveau d’efficacité et de performance des politiques mises en œuvre par Canon.
  • Si l’encadrement assume bien son rôle de manager.
  • Le niveau d’implication des salariés par rapport aux objectifs définis par Canon.

 

Véritable baromètre social, cette enquête permet de recueillir des informations et de mesurer le moral des salariés pour affiner sa politique en terme de gestion des ressources humaines.

Loin d’être à l’écoute de vos revendications, on vous demande de vous exprimer sur un certain nombre de points. Notamment : " si vous êtes satisfait de votre salaire et des conditions de travail " pour appréhender si la situation est toujours acceptable ou " si vous envisagez sérieusement de quitter Canon ", pour éventuellement mettre en place un dispositif.

Bien qu’il n’y ait pas d’obligation légale à répondre à ce type de questionnaire, la direction va tout mettre en œuvre et exercer une pression sur le personnel pour obtenir un maximum de réponses dans le but de ne pas être sanctionné par la direction de Canon Europa.

Nous ne sommes pas dupes. L’ensemble des questions ne laisse aucune place à la remise en cause des orientations de Canon Europe, par contre, on vous demande de vous situer en terme d’implication et d’adaptation par rapport aux restructurations.

Si certains prennent l’option de le remplir consciencieusement et d’autres de se défouler (en cochant essentiellement la case 5), nous invitons les salariés à la plus grande vigilance car dans tous les cas ce sondage sera exploité à l’encontre du personnel.

Le dialogue social n’existe plus chez Canon

Vos représentants du personnel, qui sont confrontés régulièrement à la direction dans le cadre de réunions, connaissent l’intransigeance de la direction face à nos revendications et sa détermination à imposer ses projets sans concertation.

 

Nous avons vu les méthodes du DRH Canon (M. Chrétien) pour empêcher le CCE de mettre en œuvre une procédure de droit d’alerte qui visait à cerner les orientations de l’entreprise et ses conséquences sur le personnel. Par deux fois, M. Chrétien a saisi le tribunal pour demander l’annulation de la procédure. Ayant été débouté, il a tenté d’entraver la mission des experts en leur limitant le niveau d’information et en empêchant un grand nombre de salariés de participer aux entretiens des experts.

Les conclusions des experts et de la commission économique sont en cours de finalisation et seront présentées lors de la réunion du CCE du 29 septembre 2005. D’ores et déjà, il ressort que les méthodes managériales chez Canon font partie d’un autre temps.

Pour la direction générale, le personnel représente un " investissement " et doit être rentable.

Il est clair que la direction ne fait pas la promotion de tous les projets néfastes et dans de nombreux cas, tente de nous faire croire qu’ils constituent une avancée pour le personnel.

Un certain nombre d’outils comme le téléphone et le micro portable, l’utilisation d’internet, le Psion, etc. ont une double fonction. Tout en étant un outil de travail performant, ils permettent de contrôler et de mesurer l’activité, devenant ainsi de véritables outils de flicage qui peuvent conduire à sanctionner.

Dans le registre du contrôle de la performance, aujourd’hui la direction propose de faire passer des tests de connaissance et de compétence à l’ensemble de la population technique, joliment présentés comme étant " un nouveau programme d’accréditation conçu pour aider à atteindre un niveau d’excellence encore accru dans leur profession ".

Pour la CGT, ces tests sont sans ambiguïté synonymes d’exclusion et ne répondent en rien à l’attente de la population technique. En effet, nous demandons depuis des années que tous les moyens soient mis en œuvre en terme de formation, pour permettre à l’ensemble de la population technique d’avoir le même niveau de connaissance sur les produits. De nombreux techniciens sont restés sur la touche et risquent d’être sanctionnés grâce à ces tests.

Ces tests peuvent permettre à la direction Canon Europa d’atteindre son objectif, à savoir, réduire les effectifs techniques de 20 % en Europe. D’autant que depuis le début de l’année, la sous-traitance technique gagne du terrain dans de nombreux départements.

Sur ces deux points, qui constituent un danger en terme d’emploi pour la population technique, seule une action collective permettra de stopper ces menaces.

Il serait naïf de croire que seule la population technique est menacée, car Canon Europa a défini quel devait être le niveau de compétence par métier. Si le salarié ne correspond pas au profil défini, il sera invité à changer de métier ou à quitter l’entreprise.

La direction réduit les coûts et c’est le personnel qui les prend.

 

Parallèlement aux multiples projets d’externalisation, la direction tente de remettre en cause un certain nombre de garanties collectives ou d’acquis. M. Chrétien a convié les délégués syndicaux centraux pour aborder un certain nombre de sujets.

M. Chrétien veut remettre en cause les 16 jours de JRTT alloués aux directeurs dans le cadre de l’accord des 35 heures. Il veut remettre en cause le système indemnitaire kilométrique pour les itinérants utilisant leur véhicule personnel par l’instauration de nouveaux forfaits et surtout d’un contrôle des kilomètres réellement effectués. Concernant la mutuelle, compte tenu d’un déséquilibre du régime, il voudrait revoir la couverture à la baisse.

Pour l’évolution de carrière du personnel, il n’a nullement l’intention de mettre en place un dispositif permettant de valoriser financièrement l’expérience professionnelle.

Pour la CGT, il est hors de question d’accepter ces remises en causes. Les caisses de l’entreprise sont pleines, il est normal que les salariés aient aussi un retour sur investissement.

La réussite de l’entreprise, qui résulte des efforts du personnel, ne peut pas être synonyme de régression sociale.

 

Si l’entreprise constitue un outil de travail pour le personnel, et par voie de conséquence sa principale source de revenus, pour nos dirigeants, celle-ci constitue un moyen de faire fructifier le capital engagé par les actionnaires.

Au-delà des valeurs ou concepts auxquels ils essaient de nous faire adhérer, ils ne sont pas attachés à l’entreprise et si elle n’est pas rentable, ils n’hésiteront pas à la démanteler.

De même, les cadres dirigeants, qui ne sont pas actionnaires, sont réduits à un rôle de simples gestionnaires à qui l’on a, pour un temps limité, confié un mandat de gestion avec une obligation de résultats, celle de faire fructifier les investissements et réaliser le maximum de bénéfices.

L’environnement hostile auquel est confronté le monde du travail nécessite de plus en plus d’interventions et d’actions de la part des salariés. La CGT a pour responsabilité de rejeter tous les projets susceptibles de remettre en cause l’emploi et les acquis.

Les actions engagées par la CGT depuis plus de deux ans, compte tenu des projets que s’apprêtait à mettre en œuvre la direction, ont été positives pour le personnel.

La création de l’UES et du CCE, ont permis de conserver le patrimoine social et que les salariés de l’UES conservent le bénéfice des avantages précédemment assurés par le C.E. Canon. L’accord de participation a permis de mutualiser les réserves 2004 et profité à l’ensemble du personnel. Les négociations NAO ont permis d’obtenir une augmentation qui avoisine l’inflation. Un certain nombre d’actions ou démarches juridiques ont permis de fixer un cadre et de limiter les prétentions de la direction (Psion, PSE pour Honfleur, etc.).

Il est important, par le rapport de force, de constituer un cadre de référence qui constitue un garde fou, fixant les limites que la direction ne peut pas franchir.

 

La CGT invite le personnel à refuser la politique que veut imposer M. Grégoire, qui consiste à accepter la logique de réduction des coûts à n’importe quel prix pour personnel, dans le seul but d’augmenter les profits pour les actionnaires.

 

Au-delà de la pensée, l’action.

Agissons tous ensemble.