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CONDITIONS
DE TRAVAIL Évaluer
et prévenir sont des obligations |
CONDITIONS
DE TRAVAIL
Au
deuxième trimestre, l'employeur a l'obligation de soumettre aux
représentants du personnel (comité d'hygiène, de sécurité et
conditions de travail - CHSCT - et comité d'entreprise - CE) des
documents relatifs à l'évaluation des risques professionnels pour
établir un programme d'amélioration des conditions de travail. La loi
lui impose une obligation de résultats en matière de maintien de la
santé des salariés.
L'obligation
générale de résultats
du maintien de la santé des salariés qui pèse désormais sur
l'employeur est effective. Des tribunaux condamnent d'ailleurs tout
manquement à celles-ci par une faute inexcusable de l'employeur. Ce qui
permet, notamment, une meilleure indemnisation des victimes. C'est un
point d'appui considérable pour les salariés, le syndicat et le CHSCT
qui doivent prendre toutes leurs responsabilités pour exercer les droits
et les pouvoirs qu'ils tiennent notamment de la loi.
Un programme
annuel de
prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions
de travail doit obligatoirement être élaboré par l'employeur et soumis
au CHSCT et au CE. Il doit, a priori, fixer la liste détaillée des
mesures à prendre et de leurs conditions d'exécution. En pratique, il ne
s'agit pas de vagues travaux d'entretien ou de sécurité comme souvent
les employeurs le proposent... Les mots santé et amélioration ont
l'avantage de préciser clairement l'objectif fixé par le code du
travail. Ces deux mots clés constituent un repère et un " fil
rouge " pour l'activité de la CGT. Ils renforcent les pouvoirs
des CHSCT. L'évaluation des risques professionnels pour la santé et la
sécurité des travailleurs doit être rédigée sous la responsabilité
de l'employeur et consignée dans un seul document: la déclaration unique
d'évaluation (DUE).
L'objectif du
DUE est de renforcer
la prévention. Il ne doit pas être confondu avec les fiches de données
de sécurité élaborées par le médecin du travail. Chaque CHSCT doit
être informé du contenu de ce document et de sa mise à jour annuelle.
Il doit aussi exiger des compléments, des modifications et signaler les
oublis de l'entreprise. Ça n'est pas une simple formalité. Il s'agit en
fait d'une démarche d'utilité sociale. Le DUE doit être élaboré par
unité de travail et non, d'une manière générale, au niveau global de
l'entreprise. Il doit être complété par un plan précis de prévention
qui découle de l'évaluation ainsi que des modalités de suivi du plan
précédent.
Le bilan annuel
du CHSCT. Selon
l'article L.236-4 du code du travail, au moins une fois par an,
l'employeur présente au CHSCT un rapport écrit faisant le bilan de la
situation générale de l'hygiène, de la sécurité, des conditions de
travail et des actions qui ont été menées dans les domaines définis
par l'article L.236-2 du code du travail. Ce rapport, devant être
rédigé d'après un modèle type officiel, les élus au CHSCT auront à cœur
de démasquer les nombreuses tricheries patronales à la déclaration des
accidents de travail et des maladies professionnelles.
Les
points Importants du bilan annuel du CHSCT
Registre
des accidents bénins: vérifier si toutes les lésions physiques ou
mentales survenues sur le lieu de travail y sont bien inscrites. Cet
enregistrement des passages â l'infirmerie constitue souvent le premier
élément d'observation des atteintes de la santé par le travail.
Déclarations
d'accidents: il convient de contrôler que toutes les lésions ayant
entraîné des soins médicaux extérieurs apparaissent ainsi que celles
qui entraînent un arrêt de travail.
Les
faits saillants: c'est un chapitre des plus importants. En général,
les employeurs le négligent. II est donc nécessaire de relire la demande
du modèle type. Cela permet d'intervenir pour que la réalité des'
risques apparaisse, notamment ceux mis en évidence par l'activité du
CHSCT. C'est déterminant pour que le programme de l'année suivante
s'attaque à la prévention de ces constats.
Le rapport
annuel d'activité de
la médecine du travail porte essentiellement sur les commentaires et
observations de l'activité du médecin du travail. Il doit être rédigé
avant le 30 avril de chaque année par chacun des médecins ayant une
activité dans l'entreprise.
Chacun
d'eux doit personnellement présenter son rapport oralement au CHSCT puis,
obligatoirement, au CE. Les fiches de risques établies et mises à jour
par le médecin du travail doivent y être jointes. Son plan d'activité
en milieu de travail pour la période à venir doit être présenté avec
le bilan des périodes écoulées. Une demande syndicale précise et
argumentée, s'appuyant sur les obligations légales, est souvent
nécessaire pour que les médecins puissent se dégager des pressions
patronales afin d'exercer leurs fonctions indépendantes dans le respect
de leur déontologie. Chacun des onze chapitres de ce rapport obligent le
médecin du travail à présenter et à commenter ses observations. Elles
doivent être demandées avec insistance et discutées par les
représentants du personnel.
Une obligation
de résultats pour l'employeur.
Des années de jurisprudence ont été renversées, le 28 février 2002,
par la publication, le même jour, de 29 arrêts confirmés depuis par
d'autres décisions dû même ordre. Pour la Cour de cassation, le chef
d'entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la
santé des salariés (y compris des temporaires). S'il ne respecte pas
cette obligation, il peut être condamné pour faute inexcusable. Cette
jurisprudence reste bien dans l'esprit de diverses modifications
législatives (1992 et 2002) qui ont précisé les missions du CH SCT
(article L.236-2 du code du travail). Celles-ci s'étendent à la
protection de la santé physique et mentale. A noter que les actions de
prévention sont élargies au harcèlement moral.
Jean
Hodebourg, représentant de la CGT au Conseil supérieur de
prévention des risques professionnels.
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